Correspondances de Cobra – Cahier I

15 juin 2025

Par Cobra

“Je ne cherche pas à comprendre le monde.
Je cherche à survivre à ce que j’y ai cru.”


“Ce qui me tient debout n’est pas l’espoir.
C’est la forme précise de mes ruines.”


Journal rêvé, 3h47 – insomnie noire, pluie intérieure :

J’ai rêvé que je vivais la vie d’un autre.
Mais au réveil, c’était encore moi — juste plus lucide.
Ça fait mal, parfois, la lucidité.
Ça coupe net. Comme une lame propre.


“Je n’ai pas de réponses, seulement des absences mieux formulées.”


Lettre jamais envoyée, froissée dans une poche de veston défroqué :

“J’aurais voulu t’aimer sans stratégie.
Mais j’ai appris trop tôt à mesurer mes gestes.
Je n’ai pas su t’aimer en entier.
Seulement dans mes silences.”


“Il m’arrive encore de croire.
Mais je le fais à voix basse, pour ne pas effrayer mes défenses.”


Fragment collé sur une vitrine mentale :

“J’envie ceux qui pleurent sans ironie.
Moi, je saigne sous sarcasme.”


Pensée du jour, gribouillée dans un carnet taché :

“On ne guérit pas vraiment.
On devient simplement plus habile à vivre avec des morceaux manquants.”


“Je me méfie des vérités criées.
Celles qui murmurent m’ont toujours paru plus exactes.”


Écho retrouvé entre deux murs de la mémoire :

“Elle n’a jamais su à quel point je l’aimais.
Et c’est peut-être pour ça que je l’ai aimée aussi fort.”


Annotation griffonnée en marge d’un livre volé :

“Ce n’est pas la vie qui me blesse.
C’est l’idée que j’en avais.”


Cobra signe toujours ses notes de la même façon.
Pas un nom. Pas une date.

Juste :

« – C. »