Le Reposoir des Identités Usées
C’est un lieu sans bruit.
Même les souvenirs y marchent pieds nus.
Le Reposoir des Identités Usées se cache au creux d’une vallée intérieure, entre lassitude et lucidité.
Il ne figure sur aucune carte.
On le trouve quand on n’a plus envie de continuer à prétendre.
Cobra y arrive au milieu de la nuit.
Pas une nuit extérieure.
Une nuit de l’âme.
Un bâtiment de pierre et de bois, veillé par une silhouette silencieuse.
Elle lui tend un formulaire.
— Nom de l’identité à déposer ?
— Celle que j’utilise pour traverser le monde sans qu’il me touche.
— Acceptée. Durée de port ?
— Trop longtemps.
— Symptômes ?
— Cynisme chronique, détachement utile, sarcasme réflexe.
On l’invite à entrer.
À l’intérieur, une salle commune, tapissée de vêtements suspendus.
Des manteaux d’autorité.
Des capes d’ironie.
Des chemises de séduction maîtrisée.
Des armures de gentillesse stratégique.
Tous ont été portés trop longtemps.
Sur chaque étiquette, un nom :
“Celui qui souriait pour ne pas pleurer.”
“Celle qui soignait les autres pour s’oublier.”
“Celui qui brillait pour ne pas être vu.”
Cobra passe entre les cintres.
Il reconnaît certains tissus.
Certains sont encore tièdes.
Dans un coin, des lits simples.
Ici, les gens dorment sans rôle.
Sans posture.
Sans légende.
Certains tremblent.
D’autres pleurent.
Mais aucun ne joue.
Cobra hésite.
Puis s’allonge.
Il ne dort pas.
Il désapprend.
Au petit matin intérieur, il se rend dans la salle des objets déposés.
Il retrouve un masque.
Le sien.
Celui qu’il pensait avoir détruit :
“Celui qui ne sent rien mais comprend tout.”
Il ne le reprend pas.
Il le regarde.
Et lui dit simplement :
— Merci. Tu m’as protégé. Mais je ne veux plus d’armure en peau morte.
Le masque ne répond pas.
Mais il semble s’effriter.
Avant de quitter le Reposoir, il inscrit son passage dans le registre :
“Ici, j’ai cessé d’être efficace.
Et j’ai recommencé à être vivant.”
Et dans l’air, très doucement, un murmure :
“Tu peux revenir quand tu te perdras à nouveau.”C’est un lieu sans bruit.
Même les souvenirs y marchent pieds nus.
Le Reposoir des Identités Usées se cache au creux d’une vallée intérieure, entre lassitude et lucidité.
Il ne figure sur aucune carte.
On le trouve quand on n’a plus envie de continuer à prétendre.
Cobra y arrive au milieu de la nuit.
Pas une nuit extérieure.
Une nuit de l’âme.
Un bâtiment de pierre et de bois, veillé par une silhouette silencieuse.
Elle lui tend un formulaire.
— Nom de l’identité à déposer ?
— Celle que j’utilise pour traverser le monde sans qu’il me touche.
— Acceptée. Durée de port ?
— Trop longtemps.
— Symptômes ?
— Cynisme chronique, détachement utile, sarcasme réflexe.
On l’invite à entrer.
À l’intérieur, une salle commune, tapissée de vêtements suspendus.
Des manteaux d’autorité.
Des capes d’ironie.
Des chemises de séduction maîtrisée.
Des armures de gentillesse stratégique.
Tous ont été portés trop longtemps.
Sur chaque étiquette, un nom :
“Celui qui souriait pour ne pas pleurer.”
“Celle qui soignait les autres pour s’oublier.”
“Celui qui brillait pour ne pas être vu.”
Cobra passe entre les cintres.
Il reconnaît certains tissus.
Certains sont encore tièdes.
Dans un coin, des lits simples.
Ici, les gens dorment sans rôle.
Sans posture.
Sans légende.
Certains tremblent.
D’autres pleurent.
Mais aucun ne joue.
Cobra hésite.
Puis s’allonge.
Il ne dort pas.
Il désapprend.
Au petit matin intérieur, il se rend dans la salle des objets déposés.
Il retrouve un masque.
Le sien.
Celui qu’il pensait avoir détruit :
“Celui qui ne sent rien mais comprend tout.”
Il ne le reprend pas.
Il le regarde.
Et lui dit simplement :
— Merci. Tu m’as protégé. Mais je ne veux plus d’armure en peau morte.
Le masque ne répond pas.
Mais il semble s’effriter.
Avant de quitter le Reposoir, il inscrit son passage dans le registre :
“Ici, j’ai cessé d’être efficace.
Et j’ai recommencé à être vivant.”
Et dans l’air, très doucement, un murmure :
“Tu peux revenir quand tu te perdras à nouveau.”